Eygalières (13)- Réhabilitation d’un ancien mas en domaine AGRICOLE provençal

2021/2023

aménagements paysagers des 4 Ha de domaine

Diag / Esquisse -> Suivi de chantier / AOR

SURFACE : 4 Ha
EQUIPE DE MAÎTRISE D’OEUVRE :
TERRAM Paysage (Paysagiste DPLG & Urbaniste)
LMC architecture (Architecte DPLG)

La propriété, située sur la commune d’Eygalières, au Sud d’Avignon, est nichée en contrebas du massif des Alpilles sur son versant Nord. Implanté au cœur de la plaine de la Durance, non loin de la confluence avec le Rhône, le village se situe entre Orgon et Saint-Rémy-de-Provence et offre un cadre de vie typiquement campagnard où les paysages agricoles dominent. Les haies brise-vents et les réseaux de canaux gravitaires, des sections principales aux plus petites filioles, dessinent et structurent le territoire, véritable squelette au fonctionnement et à la distribution des différentes parcelles. Le site, à l’écart de l’urbanisation, bénéfice d’un cadre et d’un environnement privilégié, au calme, dans la plaine agricole d’Eygalières où la topographie très peu marquée est propice à l’implantation des cultures fourragères, céréalières, fruitières et maraichères.

Le village et la plaine d’Eygalières au Nord des Alpilles.

le site :

Les parcelles sont inscrites dans un tènement foncier de 4 hectares où la culture maraîchère et fourragère prédominaient autrefois. La présence du canal Septentrional des Alpines non loin de l’ancien mas a permis le développement de cultures irriguées à deux pas de cultures sèches traditionnelles à l’image de la vigne, du blé dur ou de l’olivier. Outre la diversification des cultures, ce patrimoine hydraulique ancestral offre une richesse et une biodiversité unique à ce territoire, répartissant via le réseau de canaux gravitaires les eaux récoltées sur l’Ubac des Alpilles. Le mas, ou l’ancienne ferme, n’est aujourd’hui plus qu’une ruine, seuls les murs tiennent encore debout et demeurent, avec les toitures parfois ajourées, les seuls éléments bâtis encore en place; le domaine n’étant plus cultivé ni habité depuis une quinzaine d’années.

Plan Phase AVP :

Les canaux et haies, véritables richesses pour le territoire et le site de projet, sont des piliers à la biodiversité locale et à la préservation de cette alternance de paysages de cultures irriguées ou sèches. Ces éléments fondamentaux ont servi de fer de lance et nous ont guidés tout au long de la conception du projet paysager.

La trame des canaux a ainsi été retracée, les haies brise-vents composées de cyprès et de peupliers encore en bon état sont conservées et complétées tandis que les cordons les plus sénescents sont reconstitués en favorisant des haies mixtes de biodiversité composées d’arbres et d’arbustes feuillus méditerranéens.
La structure générale du terrain a été respectée, redonnant une fonction à chacune des parcelles. Une vaste oliveraie côté entrée répond à un grand verger implanté au Sud d’une haie mixte de biodiversité alimentée en eau par une filiole elle-même créée de toute pièce.
Des alignements d’arbres structurants soulignent les principaux axes de déplacements véhicules et piétons tandis qu’un second réseau de cheminements parcourt l’ensemble de la propriété. Ces cheminements secondaires et tertiaires, à l’image des canaux gravitaires, relient tout à tour des espaces de convivialités tels que la piscine, le terrain de pétanque ou le coin brasero, des espaces purement agrémentaires à l’image du jardin sec et de la forêt méditerranéenne, et des espaces productifs tels que l’oliveraie, le verger ou le potager.

Perspectives Phase AVP :

Le respect de l’environnement, du passé agricole du site et du climat méditerranéen ont été des enjeux primordiaux dans l’élaboration du projet. Ainsi la palette végétale s’est voulue résolument locale et Provençale tandis que le projet mobilise des matériaux bruts et nobles tels que la pierre, le gravier, le bois, l’acier. L’intervention sur le site et la qualité d’aménagement sont graduées selon la proximité ou l’éloignement de la villa et des principaux lieux de convivialités, limitant l’implantation de massifs et de pelouses rustiques aux abords des espaces de vies. Un gradient végétal a ainsi été mis en place et l’usage récurrent de paillage ou de mélanges diversifiés et adaptés aussi bien pour les prairies non irriguées que pour les pelouses arrosées permet de diminuer l’entretien ou les quantités d’arrosage. Enfin, la réhabilitation et la reconnexion de la trame verte et bleue agricole du lieu à son territoire constitue un prolongement logique dans la valorisation et la conservation de ce réseau hydraulique gravitaire ancestral dans le paysage.